jeudi 29 janvier 2009

Tsi tara be tsamu delani

Salut à tous,
Bonne année, meilleurs vœux, une santé de fer, plein de réussite et tout ça ! Comme d'hab, j'ai fait mon gros paresseux. Vaut mieux tard que jamais pour les voeux. Sinon, juste pour dire que j'ai pris mon billet pour Paris, je serai là bas du 19 juillet au 7 août. Reste à meubler entre les deux dates. Avis aux amateurs donc. Je sais que d'habitude, je fais une escale parisienne, une escale grenobloise et une escale londonienne. Je vais rajouter Angers (chez mon frère et ma sœur), et Genève, donc encore une fois, je sens que je vais courir à droite à gauche et pour voir tout le monde, ce sera très dur.

Mon oncle Anthoumani au traditionnel voulé du 1er janvier


My uncle Anthoumani in Tanaraki for the traditional voulé (kind of pic-nic barbecue) on 1st of January

Sinon ici, nous sommes en période électorale, à savoir si Mayotte veut devenir un département. C'est ce que nos grands-parents ont toujours voulu, entre autres pour ne plus être sous-domination grand-comorienne. Quitte à avoir une puissance tutélaire, vaut mieux la France que les autres Comores. On sait que beaucoup de gens se demandent pourquoi devenir un département. Certes, les prestations sociales ça donne envie à tous les niveaux. Ici, les allocs familiales sont rikiki, pareil pour les cotisations (retraite rikiki, remboursements de la sécu rikiki, bref tout tout petit). Mais je pense que c'est aussi garantir un environnement stable. Si les Comoriens de l'Union ont le droit international pour eux, personne n'a envie de retourner dans le giron des Comores. Déjà qu'ici, la muvaise gestion des deniers publics existe, aux Comores c'est à un autre niveau. les profs sont pas payés depuis des lustres, idem dans le reste de la fonction publique, il manque plein de choses à l'hôpital, bref rien qui nous donne envie de rejoindre nos cousins. Et même les images choquantes du centre de rétention de Mayotte n'y changeront rien.

D'ailleurs, vu que tout le monde semble pour le oui, nous avons demandé à la rédaction si on pouvait traiter en sujet les partisans du non. Réponse du boss : ces gens là représentent rien du tout, pas la peine d'aller les voir. Mes collègues et moi n'étions pas d'accord et pour l'instant, on espère toujours pouvoir faire notre sujet

Mon bureau à Mayotte Hebdo


My desktop in the paper office

Dernièrement, il y a eu de grosses pluies qui ont complètement défoncé les routes. Sans manque de respect pour les poilus, on aurait dit Verdun. Ici, quand on fait les routes, on ne pense jamais à l'évacuation des eaux pluviales. Et comme tout le monde jette n'importe quoi dans les caniveaux, ça bloque, ça fait monter les eaux, ça charrie tout, bref le désastre total ! Mais bon, on a l'habitude.

Bon @+

Hello everybody,
Short message to wish a happy new year 2009, full of love, health, propserity and so on. I'll be in Europe in July, and I think I'll be in London as well, so if you'll be there, please let me know. Here we have strong rains destroying roads.
Bye

dimanche 14 décembre 2008

Harusi hali !

Salut à tous,
En cette fin d'année, je commence à saturer. Vivement les vacances, dé ! Sinon, il y a le mariage de Houlam qui s'annonce avec Yourcena. Tout comme celui d'Ader et d'Anzimati. Contrairement à plein de gens, ils choisissent le mois de décembre pour s'unir, alors que d'habitude la saison des mariages c'est en juin, juillet et août. Au moins, ils sont sûrs d'avoir de la pluie et satisfaire l'adage "mariage pluvieux, mariage heureux". Ils limitent de facto le nombre d'invités car les "Je viens de" sont en France ou à la Réunion. Mais comme dis précédemment, un mariage mahorais, il y a forcément du monde, la norme étant située entre 300 et 500 personnes.

Les jeunes mariés Anzimati et Ader, un des rares Mahorais à avoir mis les pieds à Saint-Pierre et Miquelon


Anzimati and his husband Ader


Le coût aussi est astronomique. Avec ma tante Ma El, on a eu une discussion à ce sujet. Déjà, il y a la dot ou mahari. Rien que ça, c'est 2000 € minimum. Paraît-il que si la mariée est vierge, le tarif est facilement doublé. Ensuite, il y a les habits. Les mariés bien sûr, mais aussi leurs parents et les équipes de danse traditionnelle. Il y a la bouffe pour 500 personnes. Quand tu sais qu'il y un ou plusieurs zébus (à raison de 3000 € la bête), les 250 packs de 24 boissons gazeuses à distribuer dans les quartiers des personnes qui t'aident à faire à manger, les bijoux en or (pas du toc, hein) de la mariée, l'électroménager et équipement de la maison, le dîner dansant au resto pour les plus fortunés (à raison de 30 € par tête de pipe).

Bref au total, la facture monte facile à plus de 30 000 €, je pense que 50 000 c'est le tarif exact. Tout ça, c'est partagé par les mariés. Mami dit que ce n'est qu'un rituel. Le rituel, il est cher payé et à ce tarif là, vaut mieux bien choisir sa moitié. Tout ça, je n'y pensais, je ne m'y intéressais pas car la question ne s'est jamais posée. Mais maintenant que je sais ce qu'il en coûte, ben je mets des sous de côté par ce qu'en ce moment, les banquiers n'aiment pas trop prêter.
@+

samedi 13 décembre 2008

Vwa za kashkazi zi su nya swafi

Salut à tous,
Dans le post précédent, je vous ai parlé de ce qui m'est arrivé dans un cimetière où on enterrait des cadavres de candidats à l'entrée illégale à Mayotte. Là je réfléchis à la suite, parce que les droits des journalistes ici, on les mets à la poubelle bien volontiers quand ces derniers gênent. Dernièrement, j'ai lu chez mes collègues de Malango que les journalistes ayant véhiculé la nouvelle n'étaient pas fiables et que l'on honorait pas notre profession. De leur côté, ils n'ont pas répondu aux sollicitations des journalistes, bref, cette affaire n'est pas très nette. J'ai même provoqué indirectement une mini-crise diplomatique dans les relations bien mouvementées entre la France et les Comores.

Jour de déluge tropical à Mamoudzou


Heavy rains in Mamoudzou

Sinon, là on n'est en pleine saison des pluies. Et quand je dis pluies, ce n'est pas une petite averse anglaise de rien du tout. Ce sont de véritables trombes d'eau qui font régulièrement déborder les rivières, mais aussi les caniveaux non couverts de l'île. Du coup, les enfants qui adorent prendre leur douche grâce à la pluie (Mimi Cracra serait comblée ici !) plongent dans ces piscines de la mort pour s'y amuser. Le problème c'est que souvent ils sont emportés et cette semaine encore, 3 gamins ont perdu la vie ! Les parents sont pas forcément là, alors les gamins sont imprudents. Les pluies, c'est aussi les glissements de terrain et de notre superbe terre argileuse qui devient une gadoue qui rajoute 1 kilos de plus à vos semelles. La famille David l'a malheureusement appris à ses dépends. Tellement exaspéré d'avoir à prendre la pelle, le râteau et les seaux à chaque grosse pluie et de trouver sa baraque inondée, Olivier le papa s'est couché sur la route pour faire un barrage humain. Méthode radicale puisque la mairie intervient depuis pour déboucher les caniveaux. Finalement, il est devenu mahorais et a compris qu'il n'y a a que quand les routes sont barrées que l'on pense enfin à réfléchir à comment résoudre un programme.

Voilà ce qui arrive quand il pleut l'équivalent d'un mois en une journée et que les gens jettent n'importe quoi n'importe où ! Pas de caniveaux dimensionnés à Kawéni


The day after the heavy rains. No trash, no water evacuation, road destroyed!

Enfin spéciale dédicace à Julie, ma livreuse de sirop d'érable véritable (en provenance directe de Montréal) malheureusement nous quitte pour retourner dans son froid poitevin. Franchement, elle a assuré, bon comme tous les stagiaires, elle n'a pas forcément eu les sujets les plus passionnants, mais elle s'en est bien sortie et a même réussi à se faire payer un petit peu. Franchement la Miss chapeau ! Je ne sais pas si elle repartira au Québec dans les prochaines années, mais avec ou sans sirop, elle sera la bienvenue à Mayotte.

Bon ben voilà, à la prochaine.

jeudi 27 novembre 2008

Wa dzihwa nori nyombe

Salut à tous,
Là, là, je suis remonté comme une pendule. Si vous avez écouté les infos en fin de semaine dernière, vous avez sûrement entendu qu'un kwassa (embarcation légère) a chaviré à Mayotte en faisant 14 morts. Les personnes étaient des candidats à l'immigration clandestine en provenance des Comores.
Pendant une semaine, ils ont été gardés dans des conteneurs frigorifiques d'une compagnie de déménagement (les vrais croque-morts, ça n'existe pas encore ici). Deux familles ont eu les moyens de récupérer les corps (1000 €) et les autres ont dû être enterrés dans une fosse commune.

La dite fosse commune pour 12 cadavres au cimetière de M'gombani


The common grave for 12 people who tried to enter illegally in Mayotte and drowned during their journey

Dans un cas pareil, la loi dit que les corps doivent être enterrés dans la commune où le naufrage a eu lieu (du moins la plus proche). La commune en question, Kani-Kéli n'a pas voulu. La voisine, Bouéni, non plus. Alors Mamoudzou s'y est collée. Le problème, c'est qu'ils ont essayé de faire ça en catimini, sans que les familles puissent y assister et sans rituel musulman. Bref, ils ont été enterrés comme des zébus ont dit les personnes qui voulaient assister aux funérailles ou plutôt à l'enfouissement. On les a jetés comme de vulgaires déchets.
J'ai voulu prendre des photos. Mais le gars qui creusait avec le tractopelle m'a foncé dessus. Des policiers ont voulu me faire partir. Il y en a un qui était poli (un Blanc) et l'autre (un Noir) qui m'a parlé comme à du poisson pourri en me menaçant de me faire partir par tous les moyens.

Puis un gars en uniforme de légionnaire m'a dit que les corps ne seraient pas enterrés tant que je serais là parce qu'ils ne voulaient pas être pris en photo. Soit disant le droit à l'image, mais le cimetière est public et je n'ai forcé aucune porte pour y rentrer. En fait, le gars en tenue de légionnaire était le croque-mort, en fait patron de boîte de déménagement. Ici le préfet réquisitionne ce type d'entreprise pour effectuer ce genre de choses au lieu de mettre les moyens pour que l'hôpital ait une vraie morgue et des corbillards.

En juillet déjà des corps de candidats à "l'Eldorado" mahorais avaient été repêchés dans le lagon. Ayez un oeil sur les touristes en arrière-plan.


Dead bodies were found in the lagoon in last July. Have a look on the tourists in the background

Ils préfèrent cacher les choses en nous empêchant de faire notre boulot alors que justement c'est en les disant que ça avance. Après, on vient nous dire la France, pays des droits de l'Homme. Quand on dit qu'il y en a certains qui sont moins égaux que d'autres, surtout ici à mayotte, on nous répond qu'on se fait des idées.
Voilà, dans notre pays, certains se croient tout permis quand ils ont l'uniforme. Ils croient que tel un Superman ou un Batman leur costume leur permet de faire ce qu'ils veulent y compris d'enfreindre la loi qu'ils sont censés faire respecter !
Pendant quelques temps, je crois que je ne vais pas pouvoir blairer les policiers et encore moins les conducteurs de tractopelles. Si parmi vous, il y en a qui exercent ces nobles professions, excusez-moi d'avance.

mercredi 19 novembre 2008

Mtru ahirwa Barack, i lazimu a pare

Salut à tous,
Depuis quelques jours déjà, je suis dans ma 30e année sur cette planète. Franchement, merci à tous ceux qui ont envoyé un message, c'est gentil et ça m'a beaucoup touché. j'ai adoré la carte d'Amélie et les CD de Yanis et Samya. Brotha, sista, thank you so much! Et surtout, merci à tous ceux qui ont voté Obama. Deia, Jemilah, Ma Zoey, Will Smith, merci encore. Le 4 novembre 2008 restera une date inoubliable pour moi et pour le monde. Un peu comme le 4 novembre 1979. Je suis né ce jour là et l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran était prise en otage par les révolutionnaires de l'Ayatollah Khomeiny. Le 4 novembre 1995, Ytzhak Rabin était assasiné. Le 4 novembre 1999, les All-Blacks étaient battus par l'équipe de France à Twickenham en demi-finale de la coupe du monde de rugby et Chloé m'avait fait un super gâteau d'anniversaire à base de petits beurres, de fruits confits et de chocolat. Et en 2004, j'ai fêté mon anniversaire avec mon jumeau cosmique, j'ai nommé Vinz. Sam avait fait un truc à base de crevette, je crois bien, je m'en souviens encore ! Malheureusement pour Vinz qui a toujours adoré insulté Luis Figo, le même Luis Figo est né le même jour que nous en 1972.

A Mayotte aussi, Obama a ses supporters. Et ils ne sont même pas Américains !!!


In Mayotte too, Obama has supporters. And theyr're not from the USA!!!

En fait, je n'ai pas fêté l'anni le jour même mais le vendredi lors de la conférence de rédaction au journal. Pour l'occasion, j'ai régalé toute la rédaction avec mes spécialités : le gâteau aux carottes et la tarte aux pacanes (noix de pécan). Pour cela, un grand merci à Miss Baround alias Julie (qui comme moi a passé un an à l'UdeM en échange universitaire) qui m'a ramené ma dose de sirop d'érable nécessaire à la confection de ma tarte aux pacanes. Le sirop d'érable et moi, c'est une vraie histoire d'amour. Ca se marie très bien aux yaourts nature, ça dépanne quand vous n'avez plus de sucre, dans vos crêpes et pancakes, c'est le nec plus ultra. Avec les mangues aussi. Là c'est la saison, et il y en a jamais trop. Pareil pour les litchis, c'est nos fraises à nous.
Bon, je vous laisse sur ces notes de bonne humeur.

samedi 25 octobre 2008

Ma Aborijeni wa ja Maore

Salut à tous,
Je rentre d'une soirée bien trempée. La saison cyclonique vient de commencer, Asma est passée au-dessus de nos têtes, il a beaucoup plu et pour la finale régionale de la coupe de France, ben j'étais trempé. C'est vrai les imperméables ça existe, mais bon je suis parti de chez moi, il faisait grand beau.
Finalement, à l'arrivée, ce sont les mêmes que l'an dernier qui gagnent, Foudre 2000 (le nom était presque de circonstance) de Dzoumogné.

Les danseuses du groupe sud-africain Amampondo


Dancers from South African band Amampondo

En ce moment, il y a aussi le festival intermizik de Mayotte ou FIM. La programmation est originale, ils sont allés chercher des Aborigènes d'Australie, des Mozambicains et des Sud-Africains. Une vraie bonne idée, parce qu'ici, en matière de culture, il faut s'ouvrir l'esprit un peu. Le Mahorais aime définitivement le m'godro, le salegy malgache, le coupé-décalé ivoirien, le zouk-love et le ndombolo congolais. Pour le reste, il a encore à apprendre. Les Aborigènes ont été incompris le premier soir, mais pour la deuxième soirée, les gens ont adoré le didjeridoo et leurs danses du kangourou.

Le groupe aborigène Koomurri à M'tsangamouji. même dans mes rêves je n'ai pas imaginé cela


The Aboriginal band Koomurri. They came from Sydney to M'tsangamouji. Even in my dreams I couldn't imagine that!!!

Pour d'autres, ils ont rien trouvé de mieux de dire que c'était des sous de gâchés d'aller chercher des gens aussi loin. Le but justement des festivals, ce n'est pas de programmer uniquement ce qui marche, il faut aussi découvrir autre chose pour qu'à notre tour les gens aient envie de nous découvrir chez eux.

Sinon, je vous annonce que logiquement si tout va bien, je devrai intervenir sur Radio Canada pour l'émission radio de la 1ère chaîne Macadam Tribus. (au passage, merci Eric). C'est pour bientôt et franchement, j'adore l'émission surtout que j'y entends certaines voix qui me sont chères comme Hélène à Nairobi (même moi j'ai pas pris de matatu à Kampala) et Manu chez les narcos au Mexique.

Bon promis j'essaie de bosser sur les photos pour que le blog sois plus coloré mais cela prend du temps.

@+

PS : Pour les ICMiens, la fête c'est une bonne idée, si je n'y suis pas physiquement présent, j'y serai mentalement, c'est sûr.