Welcome to Iconi
Salut à tous,
Alors que nous sommes en pleine période électorale, j'ai réussi à m'échapper il y a quelques jours pour aller à la Grande Comore ou Ngazidja. J'en avais marre, on était sollicités constamment et j'ai craqué. Je suis donc parti chez Daoud, un ami de mon père. C'est la première fois que j'allais là-bas. Je n'avais aucune idée de ça que ça pouvait être. La seule chose que je savais, c'est que dans les Comores indépendantes, la vie est dure, c'est pour ça d'ailleurs qu'ils viennent à Mayotte clandestinement. Pour améliorer leur vie principalement et pas pour devenir Français avec le droit du sol. Mais la polémique Estrosi a au moins eu le mérite de soulever le problème, ici à moyen terme, la population d'origine étrangère sera majoritaire et les Mahorais ont peur qu'ils remettent en cause l'appartenance française de l'île.
La famille Daoud

The Daouds
Le niveau de vie moins élevé qu'à Mayotte s'est confirmé très vite. Quand j'ai vu la gueule des taxis, je me suis dit pourvu que je ne monte pas dans un cerceuil roulant ! Auparavant, au contrôle des frontières, j'ai pas mal attendu. Comme vous le savez peut-être, l'Union des Comores revendique Mayotte. Par conséquent, quand on arrive à Hahaya, les Mahorais sont considérés comme des Comoriens. par conséquent, on ne paie pas de visas. En revanche, les Français non Mahorais doivent payer un visa de 15 €. A la sortie, on doit payer une taxe d'un euro et par contre on fait la queue au commissariat de Moroni avec les autres "étrangers d'origine comorienne". "Les étrangers d'origine étrangère" eux ont un guichet moins chargé.
L'ancienne Grande Mosquée de Moroni dans le quartier de Badjanani. L'Arabie saoudite en a financé une plus grande, non loin de là

The Old Great Mosque of Moroni in Badjanani, next to the port. Saudi Arabia funded a new one which is not far from there.
La route menant Hahaya à Moroni est mal entretenue. Il y a des trous partout, c'est pire qu'à Mayotte, un peu comme en Ouganda. Pas étonnant que les voitures morflent, sauf évidemment les gros 4x4.
Daoud habite à Iconi, à moins de 10 km au sud de Moroni. C'est une des anciennes capitales de Ngazidja et c'est le village natal du Prince Saïd Ibrahim, un des héros nationaux des Comores. La crique, la falaise (nommé Djabal, soit montagne en arabe) sont magnifiques, tout comme les bangwés, ces places traditionnelles où les hommes, jeunes ou notables refont le monde. J'ai été bien accueilli par Mama You ou Mme Daoud, et leurs trois filles, Yousra, Nasra et Nasriya. Ils habitent dans une maison au sein de la médina, ça change de chez moi ou chez mes parents.
La plage d'Itsandra, une des plus belles de la Grande-Comore, à quelques minutes de Moroni

Itsandra's beach, one of the most beautiful beach of Comoros, few minutes away from downtown Moroni
Si je suis allé à Ngazidja, c'était aussi pour assister à un match de ligue des champions africaine opposant le champion comorien, Coin Nord de Mistamiouli et les Mauriciens du Curpipe Starlights. Alors il a fallu que je fasse les démarches pour avoir l'accréditation et le transport pour y aller. Le soir même, j'ai expérimenté les turpitudes de la Ma-Mwe (Madji na Mwendje ya Komor, ou Eau et électricité des Comores).
Daoud dans la médina de Moroni

Daoud in the medina of Moroni
Celle-ci n'a pas les moyens de payer le pétrole pour produire l'électricité alors les Comoriens sont soumis à des coupures intempestives de courant et d'eau. Sur les 5 jours passés là-bas, j'ai eu 4 soirées dans l'obscurité et trois jours sans eau du robinet (à ne pas boire, mais c'est bien utile pour se laver !).
Le port aux boutres de Kalawéni à Moroni. Daoud m'a raconté qu'à marée haute, ils déplaçaient les bateaux pour qu'à marée basse ils y jouent au foot

The traditionnal boats port of Kalaweni. My dad used to play football there with Daoud
C'est pénible, mais les Grands Comoriens s'y font. Il faut dire qu'avec les différentes dictatures, la corruption, le pillage des caisses de l'état, ils se sont habitués à ce que pas grand chose ne marche. Les profs et autres fonctionnaires ont 6 mois d'arriérés de salaires et sont fatigués de faire grève pour tenter de récupérer l'argent qui leur est dû. C'est donc la débrouille totale pour essayer de survivre et un franc et un franc. Les temps sont d'autant plus durs que l'armée en guerre à Anjouan voit toute la viande et autre nourriture acheminée vers les troupes stationnées à Mohéli.
La ligue des champions à Mitsamiouli se joue sur terrain synthétique

The African Champions League is played on an artificial pitch in Mitsamiouli
Daoud en a profité pour me faire découvrir les lieux sur lesquels il a vécu avec mon père. Je suis allé au lycée Saïd Mohamed Cheikh, j'ai visité le centre de Moroni avec sa vieille Mosquée du Vendredi à Badjanani, le port aux boutres de Kalaweni et bien d'autres encore. J'ai pu aller à Itsandra et sa magnifique plage de sable blanc, par contre je n'ai pas eu le temps d'aller au sommet du Karthala.
Le Taurus en feu au port de Moroni. Il devait transporter du carburant pour l'armée comorienne à Anjouan

Taurus burning. It was supposed to move petrol to the Comorian army in Mwali
Avecun cratère de 25 kilomètres de circonférence, c'est l'un des plus gros volcans du monde. Par contre, j'ai eu du mal avec le shingazidja, la langue parlée là-bas. Certes, ça ressemble au shimaore, mais bon y a quand même pas mal de choses qui changent. Ce qui m'énervait, c'est qu'ils ne comprenaient pas que c'était dur pour moi. Mais bon ce sera peut-être pour la prochaine fois ?
A bientôt
Faïd
La grande mosquée d'Iconi
The Great mosque of Iconi
Hello everybody,
We will very soon elct our mayors but I'm tired to follow the wannabe mayors, so that's why I ran away to the office to take some days-off in Ngazidja. It is the biggest of the Comoros islands (see map on my previous post). I went to Daoud's, a friend of my father. That was my first time in Ngazidja and the conditions people live in are tough. Roads are bad, with big holes everywhere, power and current water are cut whenever the water and electricity company can't pay oil bills, which happens very often. During my stay in Iconi at Daoud's, power was cut every night.
Le bangwé d'Iconi. C'est une place où les gens discutent notamment les notables. Celui-ci date de l'époque des sultans au XVIe siècle
The bangwe of Iconi. It's the main square in a traditionnal town of Ngazidja. This one was built in the 16th century
I also went there to see anAfrican Football Champions Leaugue game between Coin Nord of Mitsamiouli (the Comorian champion) and Curepipe Starlights of Mauritius. Coin Nord won but on aggregate score, Curepipe eliminated Coin Nord.
Nasriya et un chapeau de Sada, mon village

Nasriya with my present, a hat from Sada my village
Daoud took advantage of my presence there to make me visit Moroni and the places where my dad used to live. Badjanani and its Friday Great Mosque, Kalaweni and his traditional harbour, many friends of my dad, Itsandra and its white sand beach, etc. The only thing I haven't done is climbing the Karthala. it is one of the biggest volcano in the world. maybe the next time I'll be there.
Coulée de lave du Karthala aux environs de Hahaya

Lava stream from the Karthala in Hahaya
See y@
Faïd













