Pendant mon voyage en Australie, j'ai eu le temps de lire durant mes voyages et différentes escales. Tout d'abord, je me suis attaqué au livre de Gaston Kelman "Au delà du noir et du blanc". Kelman a écrit "je suis noir et je n'aime pas le manioc" un livre qui veut dénoncer les préjudices que subissent les Noirs et dans lequel il revendique sa bourguignonité. Ses détracteurs noirs lui reprochent de renier ses origines camerounaises et d'être un partisan de l'assimilationnisme. Dans Au delà du noir et du blanc, Kelman persiste et précise. Il rêve du jour où en France on ne tiendra plus de la couleur de la peau de quelqu'un pour occuper un poste à responsabilité. On en rêve tous, mais il faut être réaliste, ce n'est pas pour demain. Il est aussi en faveur de la discrimination positive, non pas par conviction mais comme un mal nécessaire. Selon lui, cela à long terme contribuera à faire comme aux Etats-Unis, montrer des exemples de gens qui réussissent dans tous les domaines et arriver à un Barack Obama français.
Cheikh Anta Diop (1923-1987)

Cheikh Anta Diop (1923-1987)
Mais la révélation de mes vacances fut Nations nègres et culture de l'égyptologue sénégalais Cheikh Anta Diop. J'avais déjà entendu parler de lui mais lire son bouquin m'a chamboulé. Ecrit dans les années 50 et donc pendant la lutte pour l'indépendance des pays africains, Nations nègres et culture à une ambition : donner leur fierté aux Africains en affirmant que contrairement à ce que beaucoup pensent, les Africains ont eux aussi contribuer à l'avancée de l'humanité. Pour cela il a prouvé que les Pharaons de l'Egypte antique étaient noirs. L'Egypte antique était une civilisation noire, par conséquent l'homme noir a produit de grandes choses et n'a pas comme l'a dit Sarkozy était à l'écart de l'Histoire. Le but était de réaffirmer que non les noirs ne sont pas plus stupides que d'autres, qu'ils ont dominé le monde à un moment donné de l'histoire et que par conséquent, il n'y a pas à avoir honte d'être noirs et surtout pas se sentir inférieur à l'homme blanc.
J'imagine qu'à l'époque, ça a du faire jaser. Des Noirs construire des pyramides, être à l'origine de nombreuses avancées en maths, dans l'art et tout ça, voilà qui change de ce qu'enseigne l'éducation nationale. De plus, dans les films, les Egyptiens de l'antiquité sont rarement Noirs (Cheikh Anta Diop aurait sûrement trouver plus authentique Halle Berry en Cléopâtre plutôt que Monica Bellucci). Et puis ça change des discours qui disent qu'avant les colons, c'était le noir complet en Afrique (Noir, on n'y revient toujours !). Comme partout, il y a une histoire. Soundiata Keita, Samory Touré, Shaka Zulu pour ne citer que ceux-là ont dirigé des empires qui n'avaient rien à envier à celui de Louis XIV. Mais les colons ont tout fait pour la faire disparaître. Et les routes et les écoles, cet aspect "positif" de la colonisation selon Sarkozy et les siens, n'ont pas été construites par pure charité mais bien pour exploiter au maximum les richesses africaines et les transférer en Europe.
Du coup, je me suis dit qu'il fallait que je lise les classiques de la Négritude. Prochainement, je vous raconterai donc ce que j'ai retenu de "Nègre je suis, Nègre je resterai" de feu Aimé Césaire et de "Peau noire, masques blancs" de Frantz Fanon.
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